échecs et arts martiaux

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Philippe
échecs et arts martiaux

Quelque part dans la Chine lointaine un vieux mendiant, tout courbé par les années, s'assit au pied d'un arbre magnifique. En face de lui assis à la table d'un estaminet quatre gardes de sa majesté impériale buvaient un verre de saké. Ils regardaient en se moquant le vieux mendiant sortir de sa gibecière un jeu d'échec et installer les pièces. Cela prenait du temps car le vieux mendiant était aveugle. Les trois soudards de sa majesté regardaient la scène et riaient à chaque hésitation du vieux mendiant à poser les pièces sur l'échiquier. Complètement avinés mais bretteurs redoutables les trois soldats décidèrent de s'amuser un peu. Ils s’approchèrent. Le vieux mendiant entendant les froissements des herbes sur leurs pas les invita à s'assoir et leur proposa une partie d'échecs. "Vieux mécréant dit l'un d'entre eux tu oses nous braver, serais-tu fou en plus d'être aveugle ?" Il s’apprêtait à donner un grand coup de bottes sur le jeu quand le deuxième, sans doute le plus féroce dit au mendiant : "Pour t'apprendre la politesse, nous allons jouer avec toi ; si tu perds tu auras la tête tranchée et si tu gagnes le droit de passer ton chemin". Le vieux mendiant eut un sourire au lèvres, et les invita à prendre place. Le jeu commença, les soldats étaient de piètres joueurs, le vieux mendiant déployait ses pièces avec une stratégie héritée de ses lointains ancêtres. Manifestement, il renforçait son emprise sur le jeu de ses adversaires. C'est alors que l'un d'entre eux commit l'irréparable. Il s'avisa de tricher en essayant de lui prendre un vulgaire pion. C'est alors que le mendiant mania un sabre avec la rapidité de l'éclair et trancha la main du tricheur. Un deuxième mécréant essaya de lui tordre le cou, il se retrouva aussitôt le corps sans tête, un flot de sang jaillissant de son cou. Le troisième effrayé par tant de férocité essaya de fuir mais il se retrouva par terre, les deux pieds tranchés. "Qui es-tu demanda-t-il au mendiant" . Je me nomme Zatochi , dit-il en rangeant ses pièces avec dextérité. Se levant d'un bond il reprit son chemin sans jeter un coup d’œil sur son adversaire rampant puisqu'il ne pouvait marcher.

Moralité : méfiez-vous des apparences : derrière tout joueur d'échec peut se cacher un moine Chaolin.